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Malade de la Covid sur la frontière monégasque: pas facile de s'y retrouver entre deux réglementations différentes

Mis à jour le 14/09/2020 à 22:02 Publié le 14/09/2020 à 22:01
Pour cette mère et ses trois enfants qui habitent à Beausoleil mais vivent toute la journée à Monaco, pas facile de s’y retrouver entre les protocoles sanitaires français et monégasque.

Pour cette mère et ses trois enfants qui habitent à Beausoleil mais vivent toute la journée à Monaco, pas facile de s’y retrouver entre les protocoles sanitaires français et monégasque. Photo Jean-François Ottonello

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Malade de la Covid sur la frontière monégasque: pas facile de s'y retrouver entre deux réglementations différentes

Ni vraiment à Monaco, ni totalement en France. Une famille de Beausoleil dont la vie se concentre en Principauté, frappée par la Covid, se sent un peu perdue.

Le bilan sanitaire quotidien dressé par le gouvernement est imparfait et ne reflète pas véritablement la réalité de la circulation du virus en Principauté.

Une raison à cela: depuis le 21 août, seuls sont comptabilisés les nouveaux cas de Covid diagnostiqués à Monaco sur des personnes qui vivent sur le territoire de la Principauté.

Oubliés tous les non-résidents testés positifs en Principauté, qui, entre le 27 février, date du premier bulletin, et le 21 août, figuraient encore dans les statistiques.

Depuis cette date, ces gens-là, essentiellement des Français salariés à Monaco et/ou vivant dans les communes frontalières, ont disparu du bilan sanitaire quotidien (lire par ailleurs).

"Toute ma vie est à Monaco"

Olivia* est dans ce cas. Cette Française réside quelques mètres à peine derrière la frontière de la Principauté, à Beausoleil. Mais toute sa vie est tournée vers Monaco.

"Mes trois enfants sont scolarisés à Monaco; quand je sors de mon immeuble, je suis à Monaco; je travaille à Monaco, je loue même des locaux commerciaux à Monaco; je fais mes courses à Monaco; je sors à Monaco. Toute ma vie professionnelle, sociale et personnelle est à Monaco."

Eh bien Olivia et deux de ses trois enfants, testés positifs au coronavirus la semaine dernière, n’apparaissent pas dans les statistiques monégasques.

Olivia est la maman de la fillette scolarisée en CE2 à FANB, sur le Rocher, testée positive au coronavirus jeudi 10 septembre (nos éditions des 11 et 12 septembre). Elle avait retiré sa fille de l’école le mardi, après avoir appris que la petite avait été en contact avec un oncle déclaré positif le jour même.

Ce jour-là, des symptômes apparaissent, comme des courbatures aux jambes et une légère fièvre. Ils disparaîtront trois jours plus tard.

Pas facile de s’y retrouver

La maman réussit à obtenir un rendez-vous pour tester ses enfants et elle-même, mercredi et jeudi, dans un laboratoire de Menton.

Résultats: Olivia, sa fille et l’un de ses deux fils sont contaminés. Ce garçon positif est scolarisé au collège FANB, en 3e (lire ci-contre)

Aujourd’hui, Olivia se retrouve coincée entre deux réglementations différentes. Comme ses enfants et elle vivent en France, ils sont censés pouvoir reprendre une vie normale après un isolement de sept jours après le test, étant donné qu’ils n’ont plus de symptômes. Ce serait donc vers la fin de cette semaine.

Mais pas à Monaco: "Je viens d’apprendre que mes deux enfants positifs devront d’abord respecter une quarantaine de quatorze jours, puis repasser un test PCR avant de pouvoir retourner à l’école."

Ce sera, au mieux, le 28 septembre. Quant à son autre fils, un second test négatif devrait lui rouvrir les portes de son collège, sans doute en début de semaine prochaine.

Deux poids, deux mesures, donc. C’est le casse-tête de ces Français qui habitent de l’autre côté de la frontière mais dont la vie se déroule intégralement à Monaco. Il leur faut apprendre à jongler entre deux protocoles sanitaires. Pas simple.

Et puis, il y a ce sentiment désagréable de se sentir oublié. "La France ne m’appelle pas pour savoir si je vais bien, soupire Olivia. La cellule Covid de Monaco non plus parce que je ne dépends pas d’elle. Heureusement que les amis sont là."

Un entourage essentiellement… monégasque.

Covid à l’école: on fait le point

Depuis la rentrée, trois élèves de la Principauté ont été testés positifs au coronavirus. Une écolière de CE2 à FANB, sur le Rocher, un collégien de 6e à Charles-III et un autre également de 6e mais à FANB, près de la gare. Certains élèves de ces trois classes ont été testés, les autres le seront ce mardi.

En attendant les résultats, avant la fin de la semaine, ces classes n’ont pas été fermées. Les autorités sanitaires expliquent que les règles d’hygiène ont été renforcées et qu’une prise de température y est organisée deux fois par jour.

En outre, le protocole sanitaire monégasque préconise d’attendre cinq à sept jours après le contact potentiel avec l’élève positif pour réaliser un test.

La guerre des chiffres

Que penser du changement de mode de calcul du bilan sanitaire opéré le 21 août ? Avant cette date, les non-résidents testés positifs en Principauté figuraient dans les statistiques.

Depuis, ils ont disparu. Illustration: le 21 août, on dénombrait 154 cas positifs, dont 106 résidents. La proportion était quasi identique le 8 juin, avec 99 cas dont 67 résidents.

En clair, un gros tiers de personnes positives – les non-résidents – ont disparu des bilans. Si on les réintégrait artificiellement – à nos risques et périls –, le bilan actuel s’établirait à environ 260 personnes testées positives en Principauté depuis le début de la pandémie. Or, il était hier de 177.

La tentation de penser que Monaco cherche à réduire l’impact de la pandémie à Monaco est grande. Or, rétorque le gouvernement, "nous ne faisons que nous conformer aux recommandations de l’OMS qui demande que chaque pays tienne sa propre comptabilité afin que les patients ne soient pas comptés deux fois". Soit.

Mais alors, pourquoi changer la règle du jeu en cours de route? "Au début de l’épidémie, nous avons conservé le réflexe classique de bassin de vie et de bassin de soins du CHPG. Mais l’OMS nous a demandé d’uniformiser notre manière de compter."

Au risque de laisser apparaître une situation peu conforme à la réalité, où les quelque 45.000 salariés non-résidents et 2.000 écoliers vivant en France mais scolarisés à Monaco ne sont pas pris en compte dans les statistiques.


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