“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre abonnés numérique > J’en profite

Deux camions-toupies testés à Monaco pour des chantiers moins bruyants et moins polluants

Mis à jour le 27/09/2020 à 19:33 Publié le 27/09/2020 à 19:29
Le prince Albert II a découvert vendredi dernier ce camion-toupie qui bascule en e-Drive à son arrivée sur le chantier.

Le prince Albert II a découvert vendredi dernier ce camion-toupie qui bascule en e-Drive à son arrivée sur le chantier. Photo Jean-François Ottonello

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

Deux camions-toupies testés à Monaco pour des chantiers moins bruyants et moins polluants

L’Entreprise Monégasque de Travaux (EMT) teste depuis juillet deux véhicules hydrides dont la cuve à béton tourne à l’électricité. Une innovation pour améliorer la qualité de vie près des chantiers.

Moins de pollution de l’air et moins de nuisances sonores. Depuis début juillet, deux camions malaxeurs de béton, dits "toupies", sont en phase de test dans la flotte de la société monégasque EMT.

Deux véhicules hybrides électriques qui promettent des chantiers plus vertueux et qui ont été présentés au prince Albert II, vendredi, sur la place du Palais.

Fruits d’une collaboration franco-monégasque, ces camions permettent de réduire de réduire jusqu’à - 60 % l’émission de gaz à effet de serre et - 80 % celle de particules fines et ultrafines. La clé? Une alimentation au B100, un biocarburant à base de colza 100 % végétal.

Une nouvelle étape pour EMT qui "renonce définitivement à utiliser du gazole type B7 ou B30" sur sa flotte de camions malaxeurs, et avait d’ailleurs déjà opté, depuis 25 ans, pour le diester de colza (gazole + 30 % d’huile de colza) pour ses véhicules poids lourds.

80.000 euros de plus pour la bétonnière

Au total, douze camions malaxeurs et trois ensembles semi-remorques bennes utilisant du B100 sont aujourd’hui en exploitation à Monaco.

"Nous n’avons plus de véhicules diesel, la moitié de la flotte roule au B100; l’autre moitié au gaz liquide", précise Philippe Ortelli, p.d.-g. de la société de bétons bas-carbones prêts à l’emploi.

B100 qui présente un autre avantage. "Ce sont des huiles et il y a donc moins de frottements dans le moteur, ce qui émet 10 % de bruit en moins."

Outre le transporteur "vert" Ecotrans, EMT s’est rapproché du fabricant de toupie Schwing Stetter, pour installer une cuve rotative électrique.

"Au départ c’est une bétonnière classique, à laquelle on a rajouté un entraînement électrique avec des batteries, détaille le directeur général France, Francis Charrier. Lorsque le véhicule est à l’arrêt, le moteur se coupe au bout de dix secondes et la batterie prend le relais. Le moteur électrique entraîne la bétonnière."

Une technologie qui a un coût. "Rien que la bétonnière, on n’est pas loin des 80.000 euros de plus."

48 heures d’autonomie

Lorsque le véhicule roule, le moteur électrique bascule en mode générateur pour recharger les batteries, et même si les trajets sont courts depuis l’usine de Fontvieille [les camions ne sont pas homologués pour rouler en France, lire ci-dessous], "il y a besoin de très peu d’énergie pour recharger les batteries", assure Francis Charrier. D’autant qu’une charge complémentaire, sur le courant, peut être réalisée chaque nuit.

Résultat: une autonomie de 48 heures, à raison de quatre à cinq rotations par jour.

Justement, les rotations, elles sont moins fréquentes, car les camions plus volumineux. 44 tonnes contre des standards de 32 tonnes. Soit 12 m3 de béton contre 8 m3. Temps de déchargement: 45 minutes.

L’avantage majeur de cette toupie électrique? Son silence! Confirmé par la démonstration place du Palais. "Il faut déjà s’approcher pour entendre le moteur électrique", sourit Francis Charrier.

Quant au bruit intrinsèque du camion Scania, le directeur commercial de la marque, Eric Darne, le qualifie de "très silencieux".

"La norme européenne est fixée à 90 décibels et tous nos véhicules sont conformes. Sur un roulage normal, ce sont les pneus qui font le plus de bruit."

Et vous, voisins de chantiers, vous mesurez la différence?

Illustration.
Illustration. Photo Jean-François Ottonello
LE CHIFFRE

33

"La capacité exceptionnelle de transport des camions malaxeurs EMT [44 tonnes contre une norme de 32 tonnes, ndlr], permet de réduire de 33 % le nombre de véhicules en circulation, améliorant de fait la densité du trafic et la qualité de vie des résidents", souligne la société EMT.

Des camions autorisés à circuler uniquement en Principauté

Au final, l'écoulement du béton sur la rampe et sa manipulation seront plus bruyants que la bétonnière.
Au final, l'écoulement du béton sur la rampe et sa manipulation seront plus bruyants que la bétonnière. Photo Jean-François Ottonello

Si le châssis des camions Scania est standard, les suspensions ont dû être adaptées pour supporter 44 tonnes.

Une exception locale "grâce à l’accueil favorable des autorités monégasques", se félicite EMT. Les camions ne peuvent donc pas franchir la frontière, et ce n’est pas près d’arriver selon Eric Darne (Scania).

"En France c’est un niet catégorique, parce qu’on est soumis aux règles européennes. On a des cinq essieux et on ne peut pas excéder 32 tonnes, sauf si on a une utilisation en pure électrique ou en véhicule gaz car le Code de la route autorise une tonne de PTAC supplémentaire, pour compenser le poids mort des bouteilles ou batteries. Mais on ne peut pas espérer mieux."

"On pourrait le décliner aux villes françaises pour créer moins d'embouteillages"

Dommage selon l’expert, qui cite les bienfaits de l’outil. "On pourrait le décliner aux villes françaises parce que transporter plus de béton sur un seul véhicule crée moins d’embouteillages et de camions sur la route, donc moins de pollution indirectement."

Autre avantage de Monaco, le choix de l’hybride et de sa flexibilité. "La motorisation qui fonctionne au B100 peut très bien fonctionner au gazole, ce n’est pas un produit exclusif comme les véhicules gaz. On peut même mélanger les carburants."

Et reconvertir la bétonnière pour une vente, car "toute la partie électrique peut être démontée", glisse Francis Charrier (Schwing Stetter).

Eric Darne soulignant le seul léger bémol. "L’utilisation du B100 génère entre 5 et 10 % de surconsommation. Ce qui est négligeable par rapport à l’utilisation d’autres carburants que l’éthanol, mais le pouvoir énergétique du B100 fait qu’il est moins performant que le diesel."


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.