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Pour ce Monégasque qui présente des symptômes du coronavius, ne pas pouvoir se faire dépister est "révoltant"

Mis à jour le 28/03/2020 à 10:46 Publié le 27/03/2020 à 21:00
Le Dr Claire Liberatore a rejoint le Centre de suivi des patients à domicile.

Le Dr Claire Liberatore a rejoint le Centre de suivi des patients à domicile. Photos Jean-François Ottonello

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Pour ce Monégasque qui présente des symptômes du coronavius, ne pas pouvoir se faire dépister est "révoltant"

Un Monégasque de 50 ans est confiné chez lui avec une gêne respiratoire oppressante. Rassuré d’être suivi par un nouveau dispositif de téléconsultation, il dénonce l’impossibilité d’être dépisté.

Patrick (1) vit dans le doute. Un doute qu’il est contraint de partager avec sa femme et leur fille de 20 ans. Ce Monégasque de 50 ans souffre de douleurs au ventre depuis vendredi dernier.

Au début, il ne s’en inquiète pas plus que ça. Son médecin lui prescrit toutefois une analyse des selles, pour en avoir le cœur net.

Dans le courant du week-end dernier, Patrick commence à ressentir, en plus de ses soucis gastriques, une gêne au niveau du thorax. Plus inquiétant.

"Gêne respiratoire"

"Ce n’était pas une grosse difficulté respiratoire, mais une gêne", décrit-il. Sans fièvre ni toux. Une pression rendant par moments la respiration un peu lourde. Le lundi soir, l’oppression est plus forte. Patrick hésite à appeler les secours.

"Ma femme a réussi à calmer ma gêne grâce à des exercices consistant à respirer lentement et profondément. Ça s’est calmé."

La pression thoracique revient la nuit suivante. Elle est assez forte. Le mercredi matin, Patrick rappelle son médecin traitant. Durant la téléconsultation, il apprend que les analyses de selles n’ont rien donné.

Pour son médecin, Patrick devient un patient susceptible d’être atteint du Covid-19. Il entre alors dans le dispositif mis en place lundi 23 mars: le Centre de suivi des patients à domicile.

Ce vendredi, cette structure assurait le suivi de 47 patients confinés à domicile présentant peu de symptômes. Précisément le cas de Patrick.

Inflammations et rougeurs

Mercredi, Patrick reçoit la visite de bénévoles de la Croix-Rouge monégasque qui lui apportent des masques, pour lui et sa famille. Et depuis, chaque matin, un médecin du CSD l’appelle pour prendre de ses nouvelles et procéder à une téléconsultation.

Au téléphone, il décrit ses symptômes, leur évolution. Son état de santé est stable, si ce n’est une inflammation aux oreilles et au larynx en plus, ainsi que des rougeurs et démangeaisons sur le haut du corps et les jambes.

Coronavirus ou pas?

Mais surtout, Patrick est agacé par le fait de ne pas savoir s’il est porteur du coronavirus ou pas. Ses symptômes n’étant pas suffisamment graves, le test lui est refusé.

"C’est révoltant car je suis mal soigné, dénonce-t-il. Si l’hypothèse du Covid-19 était écartée, on pourrait me donner tous les médicaments nécessaires. Mais dans le doute, je ne peux pas être soigné normalement."

Et puis moralement, Patrick et sa famille vivent mal cette incertitude. Ils gardent leurs distances, dorment séparément, évitent de toucher les mêmes objets.

"Il vaudrait mieux savoir", soupire-t-il, rassuré que sa femme et sa fille soient en pleine forme.

Le Dr Claire Liberatore comprend bien la colère de ce patient. Cette gynécologue fait partie de ces médecins de ville qui ont rejoint le CSD.

Mais elle est impuissante: "Nous ne pouvons pas tester tout le monde. On nous donne la possibilité d’effectuer seulement quinze tests par jour. Alors, on choisit les cas les plus symptomatiques."

En clair, Patrick ne saura s’il souffre du Covid-19 que si sa santé se dégrade.

Pour compenser le manque de tests disponibles, le CHPG propose toutefois un examen qui permet d’anticiper une éventuelle aggravation: le scanner thoracique.

"Cela permet de repérer les lésions pulmonaires caractéristiques du coronavirus. C’est un signal d’alarme pour une hospitalisation."

Et donc, la réalisation d’un test de dépistage. Souhaitons à Patrick de ne pas en arriver là.


Centre de suivi des patients à domicile: mode d’emploi

Il est opérationnel depuis le lundi 23 mars, 9 h. Le Centre de suivi des patients à domicile (CSD) est une structure créée en pleine crise du coronavirus.

Elle se compose de personnels de la Direction de l’Action sanitaire, de médecins, d’assistants sociaux, de bénévoles de la Croix-Rouge monégasque, de secrétaires médicales du CHPG et de psychologues? Tous sont placés sous la coordination de Ludmilla Raconnat Le Goff, secrétaire générale au département des Affaires sociales et de la Santé.

Le CSD a été instauré dans le but premier de désengorger les structures hospitalières et les cabinets des médecins libéraux de la Principauté, face à l’afflux de patients. Il permet d’assurer le suivi médical à distance de patients, positifs ou pas au coronavirus.

"Nous avons lancé un appel à volontaires auprès de l’Ordre des médecins, explique Ludmilla Raconnat Le Goff. Des médecins de ville – des spécialistes et non des généralistes – et des retraités y ont répondu. Pour suivre les 50 patients actuels, nous avons besoin de dix médecins."

Le CSD coordonne le suivi médical quotidien via des téléconsultations et, si besoin, des visites à domicile par une infirmière. Les patients peuvent également appeler directement leur médecin référent au Centre.

Une cellule logistique permet, en lien avec la Croix-Rouge, de gérer les courses, les repas à domicile et la pharmacie des patients suivis. Enfin, une cellule de soutien psychologique est là si besoin.


1. Prénom d’emprunt pour préserver l’anonymat du patient.


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