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Ce technicien agricole appelle la population à "acheter et voyager français" après la crise

Mis à jour le 27/03/2020 à 10:56 Publié le 27/03/2020 à 08:30
Malgré la crise, Yannick, salarié à Hyères d'une entreprise de production de plantes, ne s'imagine pas arrêter de travailler.

Malgré la crise, Yannick, salarié à Hyères d'une entreprise de production de plantes, ne s'imagine pas arrêter de travailler. DR

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Ce technicien agricole appelle la population à "acheter et voyager français" après la crise

Salarié à Hyères d'une entreprise de production de plantes, ce technicien agricole ne s'imagine pas arrêter de travailler et se projette dans l'après-coronavirus.

Il fait partie de ces invisibles. De ceux qui chaque jour se lève pour aller travailler alors que la la majeure partie de la population est confinée à son domicile.

Ce Breton exilé dans le Sud est responsable de producteur dans l'entreprise Dynavert, spécialisée dans la vente de plantes pour les professionnels.

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Ici, on fait grossir, grandir des plants tout au long de l'année. Depuis vingt ans, on produit surtout local et en culture raisonnés sur les sites de La Crau, Solliès-Pont, Hyères et La Londe, une gamme de plantes fleuries et plantes en pots destinés aux professionnels: jardineries, grossistes en plantes.

Mais depuis 15 jours, plus rien ne sort des serres ni des champs. "Depuis la fermeture des commerces non alimentaires et le confinement, le compteur des ventes est à zéro", indique-t-il.

Lui fait partie des salariés agricoles qui continuent à se lever tôt, à ne pas rechigner. "A prendre des risques - limités - mais des risques quand même", souligne Philippe Vaché, son patron.

" On travaille pour jeter!"

Lorsqu'il évoque son rythme de travail en période de Covid-19, Yannick voit très peu de différence. C'est plutôt l'objectif des journées qui a varié radicalement.

"On ne passe plus des heures dans le but de livrer ou commercialiser les plantes que nous avons préparé, puisque nous n'avons plus de clients et que mes collègues sont actuellement placés en chômage technique. On passe des heures sur place pour jeter. Il faut savoir que la période entre le 15 mars et le 15 mai représente 70% du chiffre d'affaires. Tout était mis en place pour ce moment fort et là, on ne peut pas arrêter la nature..."

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Ce sont ainsi des dizaines de chariots remplis de fleurs saisonnières qui partiront chaque jour à la benne. En tant que responsable des équipes et du suivi des cultures, il veille à maintenir l'activité sur place, avec une dizaine de salariés (sur 19).

"On poursuit sans savoir quand se finira cette crise, et en espérant pouvoir écouler dans quelques semaines une partie de la production."

Un travail risqué?

"Un protocole de sécurité très strict a été mis en place dans l'entreprise, poursuit-il. Nous avons à disposition des gants, des produits désinfectants. Nous avons la chance de pouvoir travailler dans de grands espaces, non regroupés, avec de la distance dans les serres."

De quoi effrayer certains? "Une personne a arrêté par crainte", ajoute-t-il.

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Il affirme vouloir continuer et ne pas se sentir en danger. "On respecte les gestes barrière et puis, c'est mon job. C'est ce qui me fait manger. Je pense prendre moins de risques ici avec tout ce qui est désinfecté que dans les magasins."

Il se dit aussi surpris par "l'étrange silence, une atmosphère même pesante" qui règne autour de l'exploitation située sur la route des Loubes.

"Il n'y a quasiment plus aucune circulation. Aucune voiture ne nous empêche de traverser la route entre les deux sites. Il faudra se méfier à la fin du confinement!", plaisante-t-il.

" Remettre les produits locaux en avant"

Pour finir, Yannick a même tenu à s'exprimer nos façons de consommer au regard de cette crise sanitaire.

"Après tout ce que l'on subit, et particulièrement au niveau de l'agriculture, je n'aurais qu'une chose à souhaiter: que les Français achètent français et local, que ces produits soient mis en avant. Ce sont des métiers de l'ombre qui continuent à fonctionner alors que presque tout est à l'arrêt. Ne l'oubliez pas après!"


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