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Deux laboratoires français et suédois confirment l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny

Mis à jour le 14/09/2020 à 15:28 Publié le 14/09/2020 à 15:28
L'opposant russe Alexeï Navalny le 29 septembre 2019 à Moscou

L'opposant russe Alexeï Navalny le 29 septembre 2019 à Moscou AFP/Archives / Yuri KADOBNOV

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Deux laboratoires français et suédois confirment l'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny

Berlin et Paris ont accru lundi 14 septembre leur pression sur Moscou après la confirmation par des laboratoires français et suédois de l'empoisonnement de l'opposant Alexeï Navalny au Novitchok.

Le gouvernement allemand a réitéré "l'appel adressé à la Russie à apporter des éclaircissements sur ce qu'il s'est passé", a prévenu le porte-parole du gouvernement d'Angela Merkel, Steffen Seibert.

Emmanuel Macron s'est quant à lui entretenu lundi matin avec Vladimir Poutine et lui a demandé que "toute la lumière soit faite, sans délai" sur la "tentative d'assassinat" de l'opposant.

"Une clarification est nécessaire de la part de la Russie dans le cadre d'une enquête crédible et transparente", a demandé le président français à son homologue russe, qui a en retour dénoncé des accusations "non étayées" et ne reposant "sur rien".

Arme chimique

Un laboratoire militaire allemand avait déjà conclu le 3 septembre à l'empoisonnement d'Alexeï Navalny, âgé de 44 ans, par le Novitchok, ce que Moscou conteste.

Pour étayer la thèse d'un usage de ce puissant agent neurotoxique, le gouvernement allemand a donc "demandé à d'autres partenaires européens, à savoir la France et la Suède, de vérifier de manière indépendante les preuves allemandes", a annoncé lundi le porte-parole du gouvernement, Steffen Seibert.

"Les résultats de cet examen par des laboratoires spéciaux en France et en Suède sont maintenant disponibles et confirment les preuves allemandes", a-t-il révélé.

En Suède, c'est le laboratoire spécialisé dans les substances hautement toxiques de l'Agence suédoise de la recherche sur la Défense, dont le siège est à Umea, qui a analysé les échantillons.

Outre la Russie, "il est peu probable qu'un autre pays signataire de la Convention (sur l'interdiction des armes chimiques) puisse obtenir" cet agent neurotoxique, a commenté auprès de l'AFP Asa Scott, la cheffe de division pour la défense et la sécurité au sein de cette agence.

Avec un laboratoire militaire allemand, ce sont désormais "trois laboratoires qui ont fourni de manière indépendante la preuve qu'un agent neurotoxique du groupe Novitchok est la cause de l'empoisonnement de M. Navalny", a de son côté résumé M. Seibert.

Cette substance avait déjà été utilisée contre l'ex-agent double russe Sergueï Skripal et sa fille Ioulia en 2018 en Angleterre, selon les autorités britanniques.

Considéré comme une arme chimique, le Novitchok se présente le plus souvent sous la forme d'une fine poudre susceptible de pénétrer dans les pores de la peau ou les voies respiratoires.

Son utilisation "constitue une grave violation de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques", signée en 1993, a ainsi rappelé lundi le porte-parole du gouvernement allemand.

Berlin a "donc sollicité l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans l'analyse des preuves dans l'affaire Navalny", a prévenu M. Seibert.

L'OIAC a ainsi "prélevé des échantillons (provenant du corps) de M. Navalny et a pris les mesures nécessaires pour les faire analyser par les laboratoires de référence de l'OIAC", précise M. Seibert.

Victoire symbolique

"Nous sommes en contact étroit avec nos partenaires européens au sujet des prochaines étapes", a par ailleurs rappelé M. Seibert.

La question de sanctions reste sur la table, comme l'avenir du projet, mené par la Russie et plusieurs pays européens, avec au premier chef l'Allemagne, de gazoduc Nord Stream 2.

Côté russe, la police avait annoncé vendredi vouloir interroger en Allemagne Alexeï Navalny, victime, selon ses partisans, d'un empoisonnement intentionnel, le 20 août au cours d'un déplacement en Sibérie.

M. Poutine a de nouveau réclamé lundi que Berlin fournisse "les échantillons biologiques" ayant permis aux spécialistes allemands de pointer du doigt une substance de type Novitchok.

Les autorités russes affirment que leurs analyses, effectuées au moment de l?hospitalisation de l'opposant à Omsk (Sibérie), avant son transfert vers l'Allemagne, n'avaient révélé aucune substance toxique dans l'organisme de M. Navalny.

L'opposant russe, qui dénonce de longue date la corruption d'élites russes, a été sorti du coma artificiel le 7 septembre. Il est cependant encore trop tôt pour savoir s'il aura des séquelles, a prévenu à plusieurs reprises l'hôpital berlinois de la Charité, où il est soigné.

Les alliés de M. Navalny ont revendiqué dimanche des victoires aux élections régionales dans deux villes sibériennes, dont une, symbolique, à Tomsk, où il a été empoisonné, d'après ses proches.


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