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"J’avais envie de plonger dans un monde de rêves": Yael Naim nous parle de "Nightsongs" son dernier album

Mis à jour le 27/03/2020 à 10:31 Publié le 26/03/2020 à 12:15
Yael Naim a souhaité réaliser elle-même les clichés destinés à la pochette et à la promotion de son dernier album.

Yael Naim a souhaité réaliser elle-même les clichés destinés à la pochette et à la promotion de son dernier album. Photo Yael Naim

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"J’avais envie de plonger dans un monde de rêves": Yael Naim nous parle de "Nightsongs" son dernier album

Révélée en 2008, grâce à "New Soul", un hit solaire et enjoué, la chanteuse emmène cette fois ses fidèles dans une dimension plus crépusculaire sur "Nightsongs". Le témoignage d’une existence soudainement traversée par des sentiments contrastés.

Certains se perdent dans la nuit et ses démons. D’autres redoutent son arrivée et les insomnies qui vont avec. Yael Naim, elle, se réfugie volontiers dans ces heures suspendues.

"Dans ces moments, je me retrouve, je suis en capacité de me connecter à des sentiments plus intérieurs. Les notions de temps et d’espace disparaissent un peu. On est comme dans une forme de méditation. Il ne se passe rien, mais il se passe tout", nous glisse-t-elle.

Née à Paris, Yael a grandi en Israël. Jusqu’à présent, elle chantait en hébreu et en anglais. Sur Nightsongs, son nouvel album, le français s’invite au détour d’un couplet, comme dans How Will I Know ou Miettes, ou tout le long d’une piste avec Des trous.

"Je ne peux pas l’expliquer, cela m’est venu comme ça. Cette langue a fini par faire partie de mon intimité. Souvent, les choses surgissent et deviennent des chansons", semble presque s’excuser l’artiste.

Habituellement, son compagnon et partenaire musical, David Donatien, se charge de mettre des mots sur son processus créatif.

"J’ai décidé d’arrêter de me voiler la face."

Mais cette fois, elle a fait son chemin seule, de l’écriture des chansons à la composition et l’enregistrement. Comme une nécessité, une urgence même.

La mort de son père et la naissance de sa deuxième fille l’ont plongée dans des tourments intérieurs.

"Le fait d’être confrontée à cela m’a poussée à me dire: "No bullshit anymore". J’ai eu envie d’être dans quelque chose de plus cru, de plus vrai. Quand tout ce cheminement a démarré, j’allais avoir quarante ans.

Je me suis rendu compte que, quoi que tu fasses, tu rencontres toujours tes failles et tes peurs. J’ai décidé d’arrêter de me voiler la face. Et cela a été très libérateur."

En tête à tête avec elle-même, Yael Naim semble avoir appris à ne plus viser la perfection sans cesse, à ne plus redouter d’être prise en défaut.

"Avec ce disque, c’était la première fois que je ne pensais pas à éviter l’erreur ou à éviter de me perdre. Avant, sans même me demander ce que les autres allaient penser, je me disais que ce serait grave si je me trompais."

Cinq ans après Older, la chanteuse révélée par New Soul, sympathique ritournelle pop-folk popularisée à l’échelle mondiale par un spot de pub Apple, en 2008, Yael Naim opère dans un registre bien différent sur Nightsongs.

Ses paroles semblent flotter dans une grande pièce sombre, où les notes de piano alternent entre affliction, langueur et puissance. Pas d’effets de manche, juste des états d’âme couchés sur une partition.

"J’avais envie de plonger dans un monde de rêves, sans être bousculée. Sans calcul non plus."

La voix de Yael Naim est parfois forte, parfois au bord de la rupture. Elle dit les maux d’amour, pouvant ne laisser "que des miettes", allant jusqu’à percer "des trous dans le corps".

Elle offre aussi un hommage à son père, articulant Daddy died comme une petite fille déboussolée. Dur d’avancer sans ce paternel, styliste de profession, qui lui avait fait découvrir les joies de la musique lorsqu’elle était toute petite.

"Il était très doué. Il chantait comme Elvis et jouait de la guitare", racontait la Franco-Israélienne en décembre dernier, dans le magazine Causette.

"Je voudrais que tout fasse contenance dans un univers, que les gens qui nous entourent soient en immersion avec nous."

Ces douze titres, l’artiste a pris le temps de les laisser grandir. Elle s’est même autorisée à les dévoiler en live à de multiples reprises avant de les enregistrer.

"Ce que tu fais en studio, ça reste gravé à vie. Il y a quelque chose de définitif. Alors qu’après, en tournée, au bout d’un an ou deux, certaines chansons sont déformées, transformées. Cette fois, j’ai voulu me laisser la possibilité de les faire évoluer de cette manière avant de terminer l’album."

Tout en souhaitant conserver la dimension intime de son projet, Yael Naim a choisi de prendre la route en compagnie d’un chœur, l’ensemble Zene. Afin de lui donner plus de relief, elle a fait appel à la chorégraphe Blanca Li.

"J’adore son travail et son caractère. Je cherchais un moyen de faire de ce chœur une "matière". Il sera en mouvement, il fera pleinement partie du spectacle visuel. Dans la salle de concert, je voudrais que tout fasse contenance dans un univers, que les gens qui nous entourent soient en immersion avec nous."

Pour le clip de Shine, c’est un autre chorégraphe, Yoann Bourgeois, qui a été dépêché. "On s’invite mutuellement sur nos projets depuis plusieurs années. Ses performances me touchent beaucoup. J’avais envie de les interpréter, à ma manière.

Ensemble, on a imaginé cette perte d’équilibre dans l’obscurité, où on perd la notion d’espace. C’était exactement l’aspect visuel qui pouvait expliquer ce que je raconte sur cette chanson et dans tout le disque."


Nightsongs. 12 titres. (Tôt ou tard)


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