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"J'ai une vie d'homme de 25 ans": les confidences d'Hugues Aufray, qui s'apprête à souffler 91 bougies

Mis à jour le 29/07/2020 à 14:58 Publié le 29/07/2020 à 16:00
"De toutes les récompenses que j'ai pu avoir, le fait que Martin Luther King soit venu me serrer la main en 1966 pour ma participation à son premier concert contre le racisme, avec ma chanson Les crayons de couleur, est celle dont je suis le plus fier!"

"De toutes les récompenses que j'ai pu avoir, le fait que Martin Luther King soit venu me serrer la main en 1966 pour ma participation à son premier concert contre le racisme, avec ma chanson Les crayons de couleur, est celle dont je suis le plus fier!" (Photo Yann Orhan)

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"J'ai une vie d'homme de 25 ans": les confidences d'Hugues Aufray, qui s'apprête à souffler 91 bougies

Il a été le premier en France à adapter Dylan, a découvert Gainsbourg, puis Béart. Il a appris le picking à Jean-Jacques Goldman, venu lui remémorer cela à Abbey Road, où Hugues Aufray a réenregistré "Stewball", avec Michael Jones. Il a enrichi, enfin, le patrimoine musical français, avec des titres comme "Santiano", "Céline" et même "Le pénitencier", écrit pour Johnny.

S’il s’apprête à célébrer, le 18 août, ses 91 onze ans, cet éternel troubadour a définitivement banni le mot "retraite" de son vocabulaire, comme il le prouve avec son nouvel opus Autoportrait, et vit au grand jour son idylle avec sa jeune maîtresse Muriel…

Mû par une énergie incroyable!

Comment cet Autoportrait est-il né?
J’ai réalisé en 2018 que cela faisait six ans que je n’avais pas fait de disque. Alors, tel un paysan, j’ai pensé qu’il était temps de faire une nouvelle moisson. J’ai fouillé dans mes cartons de chansons, dans le but de faire un disque mondialiste, mêlant les cultures latines, d’Europe centrale et américaine du Nord. Mon ami Gildas Arzel m’a conseillé de revenir plutôt à mon folklore US. On y croise les figures de ceux qui le font vivre, depuis toujours, à nos oreilles, de Johnny Cash à Springsteen en passant par Tom Waits.

Cet album est la synthèse de votre parcours?
Je crois que le hasard n’existe pas. Lorsque j’ai peint cet autoportrait sur deux planches de récup’, en 1999, jamais je n’aurais imaginé que cette peinture peu raffinée allait coller autant au côté rustique de mes chansons. Jusqu’à cette ligne droite qui sépare les deux visages, elle représente une verticalité à l’image de celle que j’ai dans la vie. Je suis les pieds dans la terre, en quête de racines, et j’ai la tête tournée vers le ciel. à l’instar de Dan Tucker, ce hippie voyou qui est ma caricature, je suis habité par un mélange de foi en l’homme et de désespoir.

Certains titres, comme Paie-moi ce que tu m’dois, sont en phase avec l’actualité…
Et pourtant, ce vieux negro-spiritual, dans lequel un matelot somme son capitaine de régler les arriérés qui lui sont dus, a été écrit bien avant les Gilets jaunes! De même que l’une de mes chansons contre le racisme, L’homme qui rôde, a été créée avant le drame de Georges Floyd. L’idée de départ, avec cet album, était de donner une attention particulière aux « gens de peu », ceux qui ont sué sang et eau pour permettre à d’autres de s’épanouir dans l’American way of life.

Parlez-nous de Sur les péniches du canal Erié… 
Je devais l’enregistrer avec une chorale d’enfants, mais à cause de la crise sanitaire, ça n’a pas pu se faire. C’est finalement mon arrière-petite-fille Zennfira, à moitié irlandaise, violoniste et membre de la chorale de la cathédrale de Dublin, qui s’est prêtée à l’exercice avec moi, au téléphone ! Et pour faire un clin d’œil au déconfinement, j’ai écrit que l’on relevait la tête après avoir passé le pont.

Votre voix n’a pas bougé d’un iota. Quel est votre secret?
Je ne fais rien pour cela ! Je vis avec ma jeune compagne, Muriel, nos deux chats, et je m’occupe de ma musique toute la journée, alors qu’avant je n’avais pas le temps. J’étais surtout musicien sur scène. Aujourd’hui, j’ai une vie d’homme de vingt-cinq ans. J’en profite pour réaliser tout ce que je n’avais pas encore accompli. Comme de rouvrir ce collège dans le Tarn où j’ai passé cinq ans pendant la guerre.

D’autres projets?
J’aimerais que l’on remette l’instruction publique au goût du jour. J’adore cette phrase de Camus: "Tout ce que j’ai appris de la morale, je l’ai appris sur le terrain de foot". Cette répartition serait idéale: les professeurs pour enseigner, les éducateurs pour éduquer, et les parents pour élever… On en revient toujours à la verticalité!


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