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Découvrez la légende Bob Marley autrement grâce au nouveau livre d'Alexandre Grondeau

Mis à jour le 27/03/2020 à 10:32 Publié le 26/03/2020 à 12:45
Alexandre Grondeau a rencontré plusieurs membres de la famille Marley.

Alexandre Grondeau a rencontré plusieurs membres de la famille Marley. Photo Julien Montenero

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Découvrez la légende Bob Marley autrement grâce au nouveau livre d'Alexandre Grondeau

Ce Niçois, maître de conférence à l’université Aix-Marseille, signe un ouvrage permettant de mieux situer Bob Marley parmi les géants de notre patrimoine culturel, en faisant valser quelques clichés, mais sans complaisance.

En février dernier, on fêtait le soixante-quinzième anniversaire de Robert Nesta Marley. Sur les ondes et les réseaux sociaux, dans le monde entier, des millions de personnes y sont allées de leur hommage au "Tuff Gong". Ou plutôt Bob, reconnaissable à ce simple diminutif près de quatre décennies après sa mort.

Comme Elvis, Marilyn ou Michael, il est devenu une icône. Après avoir longtemps réfléchi à la manière d’assembler toutes les pièces du puzzle, sans ajouter une énième biographie "classique" à la liste, Alexandre Grondeau ausculte le mythe avec précision et passion dans Bob Marley, un héros universel.

Fondateur du site reggae.fr, ancien pilier du foyer autogéré de la fac de Lettres à Nice, organisateur de sound systems, auteur de la série de romans Génération H et réalisateur de documentaires, il est également maître de conférences à l’université Aix-Marseille.

Son nom est une marque, sa tête est un logo

Dans son livre, cette approche de chercheur se fait sentir. "Oui, mais la porte d’entrée est musicale, je m’appuie souvent sur les textes de Bob Marley, en plus des témoignages que j’ai pu recueillir ces vingt dernières années.

Je voulais montrer comment il est entré dans l’imaginaire collectif de la Terre entière, au même titre que Muhammad Ali, Gandhi ou John Kennedy. Il prouve que même en ayant tous les éléments contre toi, tu peux réussir. Il faut quand même se rendre compte qu’en 1980, en Italie [au stade San Siro, à Milan, ndlr], il avait réuni près de 120 000 personnes pour un concert!

Personne n’aurait mis une pièce sur ce jeune enfant un peu mystique, né dans une campagne reculée, puis habitant dans les faubourgs les plus violents, allait devenir une personnalité si importante", expose Alexandre Grondeau.

Plus populaire que le genre musical dans lequel il excellait, le Jamaïcain a été le premier artiste du tiers-monde à accéder au rang de superstar. Après sa disparition, son nom s’est transformé en marque, sa tête surmontée de dreadlocks faisant office de logo.

"On peut acheter des chaussettes, des nuits d’hôtel ou des graines d’herbe Bob Marley. Il est permis de se demander ce qu’aurait pensé cet artiste insoumis de cette récupération marchande de son nom", appuie le Niçois.

Alexandre Grondeau regrette également la façon dont la mémoire de Bob Marley est évoquée à Kingston dans le musée qui lui est dédié, au 56, Hope Road.

"C’est une fumisterie. Plein de photos sont accumulées dans son ancienne maison, mais il n’y a pas vraiment de documents intéressants ni de mise en perspective. On se croirait un peu dans un parc d’attractions", cingle Grondeau.

"Il y avait sans doute autre chose à montrer. Dans ces murs, de son vivant, Bob rassemblait des artistes, des activistes, des militants, des habitants du ghetto... Tous échangeaient leurs points de vue, c’était un formidable lieu d’avant-garde."

Personnalité complexe

Dans son livre, l’auteur pose de nombreuses questions et avance autant d’éléments de réponses. Au bout du fil, il lance une autre interrogation: "Est-ce que, médiatiquement, quand on atteint un certain seuil de popularité, on nous transforme en quelque chose de plus lisse qu’un miroir?"

En tout cas, l’Azuréen n’achète pas "l’image du mec toujours souriant et en train de fumer des joints." Il voit plutôt Bob Marley comme "une personnalité complexe".

"Il est resté fidèle à certains amis de jeunesse. Dans son entourage, il y avait des voyous. Il n’y a qu’à lire les paroles de I Shot The Sheriff, ce n’est pas une chanson baba cool.

Bob, c’était plus un révolutionnaire qu’une icône pour néo-hippies en manque de valeurs."

Autre idée reçue battue en brèche, celle d’un doux rêveur, ascendant glandeur. "Au-delà de son talent, il y avait sa persévérance. Il travaillait comme un dingue. Et avant de signer chez Island, il s’est fait arnaquer par tous les producteurs avec lesquels il a bossé", note Alexandre Grondeau.

Très fouillé, Bob Marley, un héros universel s’attarde aussi sur la passion du rasta pour le football. Ou encore la défiance de certains puristes qui estimaient que celui-ci avait trop "blanchi" leur musique pour être respecté. Tout y est.


Bob Marley, un héros universel. Editions La Lune sur le toit. 180 pages. 20 euros.


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