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A Monaco, le casque devient obligatoire jusqu’à 18 ans à vélo et trottinette et le service MonaBike sera bientôt accessible dès 14 ans

Mis à jour le 10/02/2020 à 17:26 Publié le 10/02/2020 à 17:00
Pour l’heure, les engins de déplacement personnel sont interdits à Monaco… mais tolérés.

Pour l’heure, les engins de déplacement personnel sont interdits à Monaco… mais tolérés. Photo Jean-François Ottonello

A Monaco, le casque devient obligatoire jusqu’à 18 ans à vélo et trottinette et le service MonaBike sera bientôt accessible dès 14 ans

Le gouvernement monégasque a dévoilé les nouvelles règles d’utilisation, applicables courant mars 2020, des engins de déplacement personnel motorisés ou non (vélo, trottinette électrique, skateboard, hoverboard...). Les couloirs de bus vont notamment être ouverts à la circulation aux vélos. Une fois l'arrêté ministériel pris, suivront des modifications du Code de la route et une grille de sanctions

Axe majeur de l’action publique dans l’objectif de transition énergétique, l’incitation à la mobilité douce n’est pas sans faire émerger d’autres problématiques. Outre les études scientifiques qui se multiplient pour nuancer les vertus écologiques des trottinettes, gyropodes et autres hoverboards, la question de la sécurité est un casse-tête au sens propre. Et pas seulement. "Tous ces nouveaux modes de déplacement vont dans le bon sens mais suscitent de nombreuses questions en termes de sécurité, d’équipement, de partage de l’espace public ou d’aménagements de voirie. Il faut donc définir des règles d’utilisation dans l’intérêt des utilisateurs comme des piétons et automobilistes", admet le conseiller de gouvernement-ministre de l’Équipement, Marie-Pierre Gramaglia.

Si aucune donnée statistique précise n’est disponible chez les voisins français, l’accidentologie des Engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) est reconnue dans toutes les grandes métropoles, au point que l’État français a changé de braquet en fin d’année dernière. Concernant Monaco et les vélos à assistance électrique MonaBike, "on a eu un peu moins d’une dizaine d’accidents, dont un relativement sérieux", confirme le conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, Patrice Cellario. Celui d’un jeune homme de 25 ans qui, de nuit, avait lourdement chuté sur la tête au niveau de la place Sainte-Dévote, l’été dernier.

"On a souvent des refus de priorité à piéton, des refus de céder le passage, des circulations en sens interdit, des non-respects de feux tricolores ou des vitesses excessives. Cela conduit à des accidents", nous résumait le commandant principal Fabien Vachetta, adjoint au chef de la police urbaine, en octobre.

L’exemple des adultes

Par un décret ministériel du 26 octobre 2019, l’usage de ces engins motorisés a ainsi été inscrit dans le Code de la route en France. Une codification qui s’est accompagnée d’un arsenal de mesures (jusqu’à l’interdiction de rouler avec des écouteurs), dont le gouvernement princier s’est largement inspiré pour dévoiler, hier au Ministère d’État, les nouvelles dispositions réglementaires applicables aux EDP motorisés ou non. "Pour accompagner cette réflexion, le gouvernement s’est appuyé sur l’expertise d’une quarantaine de personnes issues de différentes institutions et du milieu associatif monégasque", a rappelé Marie-Pierre Gramaglia.

Un panel réuni en novembre dernier et qui a conforté la volonté du gouvernement sur plusieurs points.

Le premier, rendre le port du casque obligatoire pour tous les cyclistes jusqu’à 18 ans. "Étant précisé qu’en France, le port du casque est obligatoire jusqu’à 12 ans", ajoute Marie-Pierre Gramaglia. Il n’est que recommandé au-delà.

Pourquoi ce plafond de la majorité ? Pour deux raisons : "On pense que les jeunes qui auront utilisé le casque pendant un certain temps auront pris l’habitude et ne l’enlèveront pas du jour au lendemain. On pense également que les adultes montreront le bon exemple, surtout si ce sont des parents de mineurs."

les monabike "ne sont pas des jouets ou gadgets"

Le déploiement de la flotte MonaBike a ainsi conduit à des dérives, y compris chez la jeune génération qui, pour louer ces vélos interdits aux moins de 16 ans, n’hésite pas à emprunter la carte bancaire d’un proche. "Nous avons décidé d’abaisser l’âge obligatoire à 14 ans. Ce qui était déjà plus ou moins le cas dans la pratique", annonce ainsi le conseiller Gramaglia.

Des jeunes sans permis de conduire, et donc sans réelle connaissance des règles de partage, qui pourront évoluer jusqu’à 25 km/h (vitesse de bridage des MonaBike) au milieu de la circulation. "On s’est dit qu’à 14 ans, ils pouvaient avoir un cyclomoteur - avec toutes les obligations de permis et autres. Ils doivent donc pouvoir conduire MonaBike en leur imposant le casque."

« On sensibilise déjà suffisamment pour que chaque enfant scolarisé en Principauté sache ce que sont les principales règles du Code de la route », estime le conseiller Cellario, précisant que les interventions vont se multiplier en milieu scolaire, comme à l’automne dernier, pour insister sur le fait que « ce sont des modes de déplacement et pas des gadgets, des jouets ».

Les couloirs de bus ouverts aux vélos

Reste la question de l’assurance car, à l’instar d’une voiture ou d’une moto, la trottinette électrique est considérée par les assureurs comme un Véhicule terrestre à moteur (VTM). Une assurance en responsabilité civile est donc essentielle…

Autre mesure approuvée par le panel de consultants, l’ouverture des couloirs de bus aux vélos. "À partir de la publication de l’arrêté ministériel, les vélos seront autorisés à rouler dans les couloirs de bus. Nous allons d’ailleurs voir comment en développer davantage sur le territoire exigu de la Principauté", annonce Marie-Pierre Gramaglia (lire ci-dessous).

Quant aux sanctions, une ordonnance souveraine suivra l’arrêté ministériel de mars pour entériner les modifications du Code de la route. En France, l’échelle des contraventions va de 35 à 135 euros.

Qui peut continuer
à circuler sur le trottoir ?

Dir.Com.

C'est la règle la plus simple. Si vous possédez un engin non motorisé (skateboard, rollers, trottinette), vous êtes considérés comme un piéton. Vous ne pouvez donc circuler QUE sur les trottoirs. 

L'accès à certains espaces, comme au Larvotto ou sur le port Hercule , peut toutefois être limité par arrêté communal.

Trottinette électrique : en mars, il faudra passer au garage... et au gilet jaune

Dir.Com.

À la mode en France, les gilets jaunes pourraient bien passer la frontière avec la bénédiction du gouvernement monégasque au printemps 2020. "Nous avons fait un distinguo entre les trottinettes et les autres EDP, prévient Patrice Cellario. On impose qu’elle soit équipée d’une manière différente, qu’elle soit plus visible, mieux perçue dans l’espace public."

Si les trottinettes pourront évoluer partout (sauf sur le trottoir, à moins d’être poussée à la main), leur statut "spécifique" implique un changement radical des équipements.

L’usager, qui doit avoir au moins 12 ans et porter un casque jusqu’à 18 ans, aura trois mois à compter de l’arrêté ministériel de mars pour : s’équiper d’un dispositif rétroréfléchissant - bonjour le gilet jaune -, doter son engin de freins, d’un avertisseur sonore, de feux et dispositif réfléchissant. Un alignement sur les normes françaises.

Toute trottinette devra également être bridée à 25 km/h.

Un service de libre-service verra-t-il le jour ? "Non", selon le conseiller Gramaglia. "La configuration de la Principauté ne le permet pas. Les trottoirs sont déjà envahis par les scooters - qui n’ont pas le droit -, et il faut laisser la place aux personnes à mobilité réduite, aux poussettes, aux personnes âgées."

Reste à savoir si les gilets bleus de la nouvelle Unité de Préservation du Cadre de Vie (UPCV) auront à courir après les gilets jaunes. "Le contrôle du Code de la route est une mission qui est dévolue à l’ensemble du personnel de la Sûreté publique. L’Unité est focalisée sur la problématique de la fluidification, mais également sur l’ensemble des incivilités qui viennent perturber le trafic. ça peut concerner ces nouveaux modes de déplacement et sans doute plus le stationnement gênant et dangereux. Cette unité est un peu l’avant-garde, la force de frappe complémentaire en la matière."

Vélos : le casque devient obligatoire jusqu'à 18 ans, MonaBike accessible dès 14 ans

Dir. Com.

L’obligation de porter un casque jusqu’à 18 ans s’appliquera "à l’ensemble des cycles", a insisté le conseiller Cellario. Mais où trouver ces casques ? "Il n’y aura pas de casque en libre-service, tranche Marie-Pierre Gramaglia. C'est très compliqué, notamment pour des questions d’hygiène. On pense que les jeunes qui habitent à Monaco et utilisent régulièrement MonaBike pourront investir dans le coût d’un casque personnel. Quant aux touristes, la majorité a plus de 18 ans et n’a donc pas besoin d’avoir un casque."

Envisagé avec le Conseil national, l’ajout de rétroviseurs n’a pas été retenu non plus. L’expérience avec le prestataire avant MonaBike n’ayant pas été concluante. "Ils se cassaient (...) Et c’est très difficile par rapport à la sécurité et au jockeyage (prise en charge)."

Enfin, quelques chiffres permettent de mesurer l’ampleur prise par le service MonaBike. En 2018, 82 000 trajets avaient été comptabilisés. En 2019, la courbe a grimpé à 250 000, et les 500 000 trajets pourraient être atteints en 2020 avec l’ouverture de nouvelles stations "prochainement". Et à terme ?

"C’est toute la difficulté de l’équation à résoudre. On a près de 400 000 déplacements journaliers en Principauté, il faut qu’on arrive à faire cohabiter les différents usagers dans un espace excessivement contraint. La construction de la ville a fait une part belle à la voiture, aujourd’hui l’émergence de ces modes de déplacement, plus à l’échelle du territoire, permet d’imaginer une bascule. C’est un challenge qu’on espère relever dans un temps pas trop lointain", conclut Patrice Cellario.

Hoverboard, gyropode, monoroue : de nouveaux engins "autorisés mais encadrés
le plus possible"

Dir. Com.

"Soit on fermait les yeux et on continuait à les interdire bien qu’ils soient utilisés, soit il fallait les autoriser mais les encadrer le plus possible." Voilà comment Marie-Pierre Gramaglia a justifié la “légalisation” des hoverboards, gyropodes et monoroues.


Des engins motorisés qui ne pourront circuler que sur les bandes et pistes cyclables. Donc très peu en l’état. Des études sont toutefois "en cours".

"Il y aura une piste cyclable dans le futur complexe du Larvotto. Et il faudra trouver un mix entre plus de couloirs bus et de pistes cyclables." Couloirs de bus qui ne resteront accessibles qu’aux vélos en revanche. "La moins mauvaise solution nous est apparue comme étant de mettre le cycle en évidence de manière à le préserver davantage", souligne Patrice Cellario.

Pour l’heure, les engins de déplacement personnel sont interdits à Monaco… mais tolérés.
Pour l’heure, les engins de déplacement personnel sont interdits à Monaco… mais tolérés. Jean-François Ottonello

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