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"Vous auriez pu tuer quelqu’un!": elle tente de sortir du parking avec trois grammes dans le sang et se fait cueillir à la sortie par les policiers

Mis à jour le 19/10/2020 à 20:43 Publié le 19/10/2020 à 20:27
Le tribunal correctionnel est allé au-delà des réquisitions du ministère public.

Le tribunal correctionnel est allé au-delà des réquisitions du ministère public. Photo J.-F.O.

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"Vous auriez pu tuer quelqu’un!": elle tente de sortir du parking avec trois grammes dans le sang et se fait cueillir à la sortie par les policiers

Déjà condamnée en juillet 2020 pour des faits identiques, l’auxiliaire de vie de 42 ans avait pris le volant malgré la mesure de suspension en cours de conduire. Sanction: deux mois ferme.

"Vous êtes un danger public! Vous auriez pu tuer quelqu’un! Vous avis pris le volant ce dimanche 11 octobre, en fin de journée, avec une alcoolémie de 3,12 grammes dans le sang. C’est énorme! Vous êtes malade, obligée de vous soigner. Heureusement, le gardien de parking du Méridien a informé les policiers de votre conduite hasardeuse. Sur la vidéosurveillance, on vous voit percuter un autre véhicule puis le mur du parking. Les policiers vous attendaient à la sortie. Il a fallu une très longue attente avant de vous interroger tellement vous étiez avinée."

Le président Jérôme Fougeras-Lavergnolle (*) apparaît irrité par l’inaptitude à conduire d’une auxiliaire de vie de 42 ans à l’audience de flagrance. Il multiplie les interrogations pour contraindre la prévenue à s’expliquer et réagir.

"Je suis dépressive"

La quadragénaire, menottée dans le box, répond sur un ton assez ferme. Comme si les propos du magistrat l’avaient contrariée.

"Je suis dépressive. Alors j’ai bu deux bouteilles de vin blanc et je prenais ma voiture pour en racheter deux autres au supermarché. Malade depuis cinq ans, j’ai pu tenir un long moment sans boire la moindre goutte d’alcool. Mais le week-end dernier, j’ai craqué. C’était plus fort que moi… Je reconnais les faits. J’ai peur de perdre mon travail si vous m’imposez de la prison ferme…"

Le magistrat lui rappelle justement sa condamnation du 28 juillet 2020, à trois mois avec sursis, suivi médical pendant dix-huit mois, suspension du permis pour trois mois.

"Vous aviez un taux quasi identique quand vous étiez interpellée en début de matinée devant le Roqueville, neuf heures après de capiteuses libations hors norme. Vous aviez bu la veille quatre bouteilles de vin et vous alliez vous réapprovisionner…"

"Une histoire compliquée"

Le premier substitut Cyrielle Colle revient sur le taux hallucinant en récidive légale, après avoir qualifié la détenue de "dangerosité pour la société. Je n’ose penser au drame si Madame avait poursuivi son trajet. Se soigner en deux mois? C’est souvent plus long pour une addiction à l’alcool. Alors la sanction doit mettre un terme définitif à cette habitude de conduire ivre. Une incarcération d’un mois servira d’électrochoc. Plus l’annulation du permis de conduire et l’interdiction de le repasser pour une durée de dix-huit mois. Ajoutez l’amende à 45 euros".

Dossier sensible pour la défense. "C’est une histoire compliquée, reconnaît Me Erika Bernardi. Ma cliente est de bonne foi. Elle veut véritablement s’en sortir pour son couple, pour conserver son emploi. Il y a débat sur l’interdiction de conduire qui ne lui a pas été notifié par la police. Si Madame avait eu connaissance de cette sanction, elle n’aurait pas repris le volant…"

Le tribunal a décidé deux mois ferme pour le délit de conduite en état d’ivresse, plus une amende de 500 euros avec sursis et une contravention à 45 euros ferme pour les autres infractions.


*Assesseurs: Florestan Bellinzona et Morgan Raymond.


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