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ON Y REVIENT. Ce Niçois invente un coussin connecté pour briser l'isolement des personnes âgées

Mis à jour le 14/02/2020 à 19:26 Publié le 13/02/2020 à 11:00
Avec ce coussin connecté, Alain Tixier veut briser l'isolement des personnes en perte d'autonomie.

Avec ce coussin connecté, Alain Tixier veut briser l'isolement des personnes en perte d'autonomie. Photo Dylan Meiffret

ON Y REVIENT. Ce Niçois invente un coussin connecté pour briser l'isolement des personnes âgées

Imaginez, une sorte de tablette, mais souple et ultra-simplifiée. Un coussin relié en bluetooth à la télé du salon. C’est "Viktor", l’invention d’Alain Tixier dont l'objectif est d'aider les personnes en perte d'autonomie à re-tisser du lien avec leurs proches. En mai 2017 nous avions rencontré l'inventeur de ce coussin connecté. Où en est-il aujourd'hui?

Quel est le problème?

C'est en cherchant une solution au problème d'isolement de sa mère qu'Alain Tixier a eu l'idée d'un coussin connecté.
"Les personnes en perte d’autonomie souffrent d’isolement et le numérique est en mesure de rompre cette solitude en les remettant en contact avec le monde, leurs proches et des milliards de contenus qui les intéressent. "
Mais ces générations ne sont pas nées avec un smartphone entre les mains. Pour elles, l’utilisation d’une tablette peut s'avérer compliquée.
En effet, selon le baromètre du numérique 2019, 42 % des plus de 70 ans n’utilisent jamais Internet.

Dans le même temps, selon l’Insee, le nombre de seniors en perte d’autonomie pourrait passer de 2,5 millions en 2015, à près de 4 millions en 2050, soit une hausse de 60 % sur la période.

"La complexité de ces outils demeure un frein très puissant à leur utilisation. Et puis quand vous avez des problèmes d’arthrose, de sensibilité, des difficultés cognitives, c’est difficile de manipuler ces outils tactiles," nous avait expliqué Alain Tixier en 2017.
C'est pour faciliter l'accès au numérique des personnes en perte d'autonomie qu'il crée sa start-up "Fingertips" et met au point le coussin "Viktor", du prénom de son fils qui travaille avec lui.

Où en est-il aujourd'hui?

"On a fait évoluer le coussin," explique Alain Tixier, dans son bureau de la promenade des Anglais. Il se saisit de l'objet, pour nous détailler les changements.

"La nouvelle version est disponible depuis 1 mois et demi. On l'a imaginé avec Orange, qui nous a accompagnés et va nous distribuer dans plus d'une cinquantaine de boutiques en France. C'est énorme pour nous en matière de visibilité."

"Il est plus petit, et on a travaillé sur les couleurs pour faciliter la compréhension, l'utilisation, qu'il soit rassurant pour la personne qui s'en sert."

Pour redessiner l'objet il a fait appel à des ergonomes, des ergothérapeutes, psychomotricien et neuropsychiatres. "Il est plus petit, et on a travaillé sur les couleurs pour faciliter la compréhension, l'utilisation, qu'il soit rassurant pour la personne qui s'en sert."

Comment ça marche?

A chaque pression sur un des icônes, le coussin "vibre" légèrement pour indiquer que l'action a été prise en compte. Ainsi, quand la personne âgée appuie sur appel vidéo, elle peut communiquer avec ses enfants, petits enfants, via sa télévision. Ces derniers peuvent aussi lui partager leurs photos de vacances, envoyer des sms.
"Pour envoyer du contenu aux utilisateurs du coussin, il suffit de télécharger la web app Viktor sur son téléphone et son ordinateur" explique Victor Tixier.

"Si par exemple la personne âgée ne se sent pas bien, elle appuie sur l'icône "contactez-moi". Un membre de sa famille peut l'appeler pour savoir ce qu'il se passe. S'il ne répond pas au bout d'une minute, ça déclenche la téléassistance."

Il l'affiche sur son smartphone pour nous proposer une démonstration. Après avoir sélectionné 5 photos prises lors de son dernier week-end de ski, il les envoie.
Le destinataire, détenteur du coussin, n'a plus qu'à appuyer sur l'icône photo et l'album s'affiche sur l'écran de la télévision.

"Au-delà de la communication avec ses proches, du lien social, de l'accès à des films, des livres audio, on propose aussi une fonction de téléassistance. Si par exemple la personne âgée ne se sent pas bien, elle appuie sur l'icône "contactez-moi". Un membre de sa famille peut l'appeler pour savoir ce qu'il se passe. S'il ne répond pas au bout d'une minute, ça déclenche la téléassistance."

Un bouton permet d'alerter ses proches en cas de problème.
Un bouton permet d'alerter ses proches en cas de problème. Photo S.C

Qui utilise le coussin?

Personnes en perte d'autonomie qui vivent chez elles, en Ehpad ou à l'hôpital, plus de 810 personnes âgées sont équipées.

"Ces gens en rupture avec le numérique peuvent communiquer avec leurs proches. Nous avons réussi à mettre les nouvelles technologies à la portée de patients atteints de la maladie d'Alzheimer, de Parkinson ou de Charcot."

Dans les Alpes-Maritimes, une quinzaine de maisons de retraites privées se sont dotées d'un coussin connecté.
Le prix: à partir de 249 euros. "Si le coussin est une aide technique de téléassistance, les utilisateurs seniors peuvent obtenir un crédit d’impôt qui réduit le coût de moitié."

Quelles difficultés rencontrées?

Pour la montée en puissance de sa start-up, Alain Tixier déplore de n'avoir pas été soutenu par sa région. "J'ai tout développé dans les Alpes-Maritimes, je suis né à Fréjus. On s'est débrouillé seul pour chercher des fonds, 1,3 million d'euros. Et l'essentiel de la commercialisation s'est faite à l'extérieur de la région. Notamment à Nevers, où le maire a soutenu notre projet."

En deux ans et demi la start-up s'est agrandie, elle emploie aujourd'hui 5 personnes contre deux au démarrage, dont 3 développeurs. Par ailleurs, elle génère des emplois indirects.

"Nos coussins, tissu et mousse, sont confectionnés par une quinzaine de personnes qui travaillent dans un ESAT (établissement et service d'aide par le travail) à Vesoul une structure pour personnes handicapées." Tandis que les capteurs sont fabriqués à Gardanne.

Et en 2020 ils vont avoir du pain sur la planche puisque la start-up a reçu commande de 1.000 pièces pour le Canada.
Car ces derniers mois, "Fingertips" a décroché des marchés importants à l'étranger, notamment au Canada.

"BPI export nous a aidés, on prévoit en 2020, une croissance de notre chiffre d'affaires qui nous permettra d'arriver à 1 million d'euros en fin d'année."

Et demain?

Alain Tixier prévoit de proposer un coussin connecté pour les enfants hospitalisés, il cherche un établissement pour réaliser une expérimentation.
Alain Tixier prévoit de proposer un coussin connecté pour les enfants hospitalisés, il cherche un établissement pour réaliser une expérimentation. Photo S.C

Alain Tixier veut développer le volet téléassistance. Il s'est rapproché d'une autre start-up azuréenne qui fabrique des lunettes connectées: Ellcie-Healthy.

>> RELIRE. Ces lunettes connectées éviteront les chutes des personnes âgées. Et c'est pour bientôt.

"On a noué un partenariat avec eux. On veut pouvoir détecter une personne qui ne se sent pas bien grâce à des objets connectés."

"Healthy-Ellcie travaille sur des lunettes capables de détecter les chutes, et nous avons le hub technologique "Viktoria" qui centralise les données et peut les afficher chez le médecin par exemple."

De plus, l'inventeur veut développer un "coussin connecté" pour les enfants malades. Il désigne sur la table, un prototype qu'on avait pris pour une peluche à tête de renne.

"On commence à en fabriquer pour que les enfants hospitalisés par exemple dans des services de cancérologie, puissent rester en contact avec leur école, mais aussi se distraire, jouer. Comme les composants sont étanches, on peut stériliser le coussin."

Il cherche un établissement qui pourrait l'expérimenter. "Pourquoi pas Lenval ou le Centre hospitalier Princesse Grâce de Monaco?"


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