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Pour lutter contre la pollution des mégots, ils se mobilisent

Mis à jour le 09/03/2020 à 10:30 Publié le 08/03/2020 à 11:00
Récipient rempli de mégots récoltés par NicePlogging en septembre 2019

Récipient rempli de mégots récoltés par NicePlogging en septembre 2019 ©Philippe Bertini

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Pour lutter contre la pollution des mégots, ils se mobilisent

Les mégots représentent 40% de la pollution maritime. Ils sont un désastre environnemental. Un peu partout sur la Côte d'Azur des initiatives émergent. Action de ramassage, et de sensibilisation, objectif recyclage et revalorisation, le projet est simple: endiguer cette pollution. Pour lutter contre ces déchets, une professeure d’arts plastiques de Fréjus et l’association Alternatiba Estérel ont décidé d’agir ensemble.

Quel est le problème?

Quinze ans ! C’est le temps nécessaire à un filtre de cigarette pour se décomposer. En France, près de 30 milliards de mégots sont jetés au sol chaque année. Ils nuisent à la propreté des agglomérations, on les voit sur tous les trottoirs, mais les mégots sont surtout un fléau pour la planète. 

Déforestation, incinération de bois pour le séchage de feuilles de tabac, l’industrie des cigarettes est très polluante. Il ne s’agit pourtant que d’un petit bout orange de trois centimètres qui encrasse la planète à cause des ses multiples produits chimiques (nicotine, ammoniac, cadmium, arsenic, mercure, plomb…). Du caniveau à l’assiette, tout l’environnement est pollué par les mégots.

L’impact d’un mégot est colossal et sa route est longue. Il traverse d’abord les canalisations, et est transporté par les cours d’eau jusque dans nos fleuves. Au contact de l’eau, un mégot libère ses centaines de substances nocives en à peine une heure. Son point de chute est inévitable : les mers et les océans. Il intoxique alors les végétaux et la faune sous-marine. Avec la condensation et l’évaporation des eaux, la pluie est elle aussi polluée. Conséquences : elle infecte notre alimentation, qu’elle soit animale ou végétale.

Un lycée qui collecte

À Fréjus, Sophie Chiotti s’est lancée à l’assaut des mégots de cigarettes. Cette professeure d’arts plastiques au lycée Galliéni, veut “sensibiliser ses élèves à la cause écologiste”. Avec eux, elle décide de récupérer des boites de conserves pour les transformer en cendriers et les mettre en lumière avec des slogans tel: “chaque mégot fini à la mer”.

“Un mégot pollue 500 litres d’eau

Épaulée par la section Estérel de l’association Alternatiba, elle développe l’idée de récolter les mégots lors d’événements. C’est avec ‘Nico le Cyclope’, un joyeux poulpe cyclope au look psychédélique qui fait office de cendrier géant que cette ambition se concrétise. Fabriqué à partir d’un fût de bière, toujours dans une démarche éco-responsable, recyclé grâce à la brasserie de la Riviera Beer, il récolte les mégots. Sa devise : “Fume réglo, nourris Nico”. Le mas des escaravatiers, aux abords de Fréjus, lui confie son premier mandat. Mission réussie.

“Même les particuliers s’y intéressent de plus en plus"

Festivals, Campus, et même le château Gallieni, de plus en plus de monde fait appel au poulpe de Sophie Chiotti. En une dizaine d’événements, il a permis de récolter plus de 3.000 mégots et de sensibiliser de nombreux festivaliers. Pour la professeure écologiste, c’est un vrai succès. “On se rend compte que même les particuliers s’y intéressent de plus en plus. Mes amis me racontent qu’ils gardent leurs mégots dans des bouteilles pour me les ramener” rajoute-t-elle.

Nico le Cyclope, le cendrier géant qui lutte contre la pollution des mégots : "Fume réglo, nourris nico"

LA DIFFICULTÉ: L'ABSENCE DE FILIÈRE LOCALE DE RECYCLAGE

Premières limites : où recycler et comment ? "L’idée originale était d’organiser un projet de fin d’étude avec les élèves, et les emmener dans une usine de revalorisation" afin qu’ils suivent l’acheminement final de leur projet. Une usine bretonne semblait être une bonne opportunité, mais séparée de la région Sud par plus de 1300 kilomètres, cette solution, peu écologique a été rejeté. "Pour rester le plus vertueux possible, on cherche une nouvelle possibilité ancrée dans la région" explique Sophie Chiotti.

“Si on arrive à ne plus avoir de mégots par terre, on aura déjà gagné un challenge et éveillé des consciences”.

Elle rajoute "l’autre problème, c’est qu’il faut une quantité suffisante de mégots et on va donc s’associer avec d’autres groupes pour amplifier le volume récolté".

Le dernier frein est celui des frais. C’est un coup de massue pour la professeure d’art.  “Ce qui me semble fou, c’est que dans ces lieux de valorisation, il faut payer ! Nous, on ramasse, on collecte, on trouve des idées. Tout ça bénévolement. On travaille vraiment pour la planète”.

La route semble encore longue pour Nico le Cyclope, mais sa créatrice ne se laisse pas démoraliser : “Si on arrive à ne plus avoir de mégots par terre, on aura déjà gagné un challenge et éveillé des consciences”.

LES INITIATIVES SE MULTIPLIENT

Tant que la composition chimique des mégots n’aura pas été revue, c’est à la société civile de prendre le relais des institutions publiques. Plusieurs initiatives ont vu le jour de la part d’associations ou d'entreprises.

C’est le cas de Greenminded qui essaye de s’étendre au niveau national. L’association, récolte les mégots et les fait recycler en Bretagne par Eco Action+. Transformés, ils sont revalorisés en mobilier de jardin, plaques de construction, etc… L'association propose même des kits de recyclage pour les particuliers. À la maison, bous pouvez collecter vos mégots et les renvoyer dans des sceaux allant de un à dix kilos pour un prix entre 45 et 200 €. 

Sur la côte d’azur, Recyclop s’est lancé dans un nouveau domaine : l’énergie. Ce 14 février l’association a réduit en cendres 600 kg de mégots. En les transformant en vapeur d’eau et en carbone cela a permis de recréer de l’électricité. Preuve que différentes solutions de revalorisation existent.

NicePlogging, ramassage de déchets mars 2020.

Un rendez-vous le 14 mars

Les actions pullulent et les regroupements sont de plus en plus nombreuses dans la région. À Nice, tous les moyens sont bons. L’association Zéro-Déchet affrontera les Ploggeurs niçois à travers toute la ville, ce samedi 14 mars, pour un défi de ramassage de déchets et mégots. "Avec notre noyau dur on ramasse en moyenne entre 10 et 15 litres de mégots. On sera presque trois fois plus, l'objectif sera forcément de récupérer un maximum de déchets" indique Benjamin Combe du NicePlogging. Cet évènement a lui aussi plusieurs vocations : initier et attirer toujours plus les habitants du grand Sud au Plogging et au respect de l'environnement. L'association espère inciter la ville et la métropole à s'impliquer de façon plus significative pour lutter contre la pollution des mégots et évidemment faire du recyclage de ces derniers, un but plus automatique et accessible.


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