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INTERVIEW. "On se fait parfois des idées sur les artistes", la designer matali crasset est la marraine d'une nouvelle association niçoise

Mis à jour le 28/06/2020 à 14:53 Publié le 29/06/2020 à 16:00
matali crasset (tout en minuscule) est la marraine de l'association niçoise #MonArtisteEtMoi, qui veut créer du lien entre particulier et artiste.

matali crasset (tout en minuscule) est la marraine de l'association niçoise #MonArtisteEtMoi, qui veut créer du lien entre particulier et artiste. Photo Joël Saget/ AFP

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INTERVIEW. "On se fait parfois des idées sur les artistes", la designer matali crasset est la marraine d'une nouvelle association niçoise

Marraine de la nouvelle association azuréenne #MonArtisteEtMoi, qui veut promouvoir le mécénat entre particulier et artiste, la designer croit dans le changement des comportements.

Je fais des choses à petite échelle, on est une petite structure, je n’ai jamais voulu m’agrandir. Je pense justement qu’on est beaucoup plus agiles comme ça. On fait des choses plus intéressantes, on a un rapport direct avec les gens. La création est un long processus, on a besoin d’encouragement, ce n’est jamais linéaire…"
Quelle meilleure marraine que la star du design matali crasset –tout en minuscule– pour la toute nouvelle association azuréenne #MonArtisteEtMoi ? Lancée à Nice avec un objectif bien plus large, #MonArtisteEtMoi propose de créer des binômes mécène-artiste pour soutenir la création (lire ci-dessous). Une idée qui a séduit l’ancienne collaboratrice de Philippe Starck, qui avait notamment laissé son empreinte épurée et colorée à Nice avec l’aménagement de l’ancien Hi Hôtel.

Vous avez accepté tout de suite de parrainer cette initiative, pourquoi?
Parce que la situation est dramatique pour les artistes et que c’est important de leur montrer notre soutien, d’une façon ou d’une autre, notre attachement à leur rôle dans la société. Et là, c’est pragmatique.

L’un de ses objectifs est de créer du lien entre public et artistes contemporains?
On espère oui. C’est l’idée: mettre en contact. Je participe à certains projets où les artistes vont chez l’habitant par exemple, et même quand ils ne s’intéressent pas à l’art contemporain, d’un coup, le regard change. On se fait parfois des idées sur ces artistes. Les gens auront peut-être envie de s’ouvrir, de demander comment on développe son approche.

L’art contemporain souffrirait-il d’un manque de communication auprès du grand public?
De communication non, parce qu’il y a beaucoup de travail qui est fait partout. Je dirais que c’est "l’interfaçage" qui manque. Des façons de donner à voir. Parce que quand on n’a pas cette curiosité au départ, on n’y va pas. On peut le faire si quelqu’un nous tient un peu la main. Pour les gens qui n’ont pas l’habitude de regarder l’art contemporain, il faut presque un intermédiaire.

J’aimerais dire aussi que c’est important d’aider les artistes vivants, les jeunes. Ce serait dommage de ne se focaliser que sur les morts, qui ont fait leurs preuves. C’est difficile pour toutes les professions en ce moment, il faut montrer à cette jeunesse qu’elle peut prendre sa place dans cette société.

"Je crois que pour tout le monde, il y a eu la conscience de notre fragilité"

Le confinement, la mise à l’arrêt, comment l’avez vous vécu?
Je crois que pour tout le monde, il y a eu la conscience de notre fragilité. On doit retirer une envie de progresser, mais pas n’importe comment. On ne va plus accepter les mêmes choses. Enfin j’espère. 

Cela pourrait-il changer votre manière de travailler?
Dans mon travail, moi, j’allais déjà dans ce sens: j’essaie de faire des projets singuliers, expérimentaux. Là, je vais avoir des arguments en plus quand je propose de nouvelles logiques, ça, ça va changer. Je pourrais dire: non, ça, ce n’est plus possible. Je vais peut-être être plus exigeante.

Concrètement, comment cela pourrait se traduire sur une de vos réalisations?
Par exemple, là, j’étais en train de travailler sur une maison pour un bailleur social, près de Lille [la Capitale mondiale du Design 2020, ndlr]. On va construire un premier projet avec huit maisons. Comme aujourd’hui on est plutôt sur du collectif pour plus de densité d’habitation, j’étais dubitative, alors je me suis dit: la justification de ces maisons individuelles, ce serait de donner une serre à chacun, pour que les habitants retrouvent un rapport à la terre et qu’ils changent petit à petit leur alimentation.

Ça me semblait logique comme démarche mais cela posait question, parce que c’est un budget. Depuis la crise du Covid, je n’entends plus parler de la légitimité de cette serre: ça devient évident!
Pour moi, ce sont des intuitions. En tant que designer on place des capteurs pour comprendre comment les choses évoluent…

Sur le design d’intérieur aussi, ce confinement va avoir une incidence?
Ah oui. Moi j’ai toujours travaillé sur la flexibilité, sur le fait de pouvoir retirer un bout du canapé si les enfants ont besoin de place pour jouer, par exemple. C’est pour ça que j’avais fait des canapés en morceaux, que l’on peut empiler ou transformer en terrain de jeu.  Cela permet de questionner les archétypes, qui sont pour moi anachroniques, issus du confort bourgeois.

Je suis assez contente du coup, parce que tout ça va dans le bon sens. Ces questions-là, le fait de pouvoir être actif chez soi, je l’ai toujours pris en compte, c’est une chose sur laquelle j’aime travailler parce que, je crois que c’est en s’occupant de son environnement proche qu’on peut ensuite s’occuper de l’environnement général. C’est lié.

l'association #MonArtisteEtMoi

L’objectif de l’association, c’est de créer des duos entre mécènes et artistes. Pendant un an, un mécène va accompagner un artiste dans son quotidien et inversement. En échange d’une participation (100€ par mois si c’est un particulier, 500€ si c’est une entreprise) donnée à l’artiste, qui lui permettra de payer le téléphone, une assurance, etc., le mécène aura accès à l’atelier de l’artiste et aux coulisses de la création.
Ensemble, ils mettront aussi leurs réseaux en commun.
"L’idée, c’est de mettre deux mondes en relation, de créer un espace mutuel de travail et d’enrichissement humain", résume l’une des instigatrices du projet, Hélène Fincker, par ailleurs directrice de La Maison Abandonnée [Villa Cameline], lieu d’exposition à Nice.
Une vingtaine d’artistes locaux, nationaux et internationaux sont déjà intéressés. On peut les découvrir sur le site monartisteetmoi.com.
Ce projet est en fait la suite d’un autre, né pendant le confinement: une page Facebook nommée Art Studio Viewing qui ouvrait virtuellement les portes d’ateliers d’artistes pour maintenir le lien.


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