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Originaire de Saint-Cézaire, Jonathan Brunn dessine des dinos pour Lego

Mis à jour le 21/02/2020 à 15:28 Publié le 25/02/2020 à 15:26
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Originaire de Saint-Cézaire, Jonathan Brunn dessine des dinos pour Lego

C’est simple, je vis un rêve de gosse ! » Voilà comment Jonathan Brunn résume l’histoire dans laquelle il se retrouve embarqué. Depuis novembre dernier, une boîte de la série Lego Ideas est sur le marché.

Elle abrite les 910 pièces nécessaires à la réalisation des trois dinosaures imaginés par l’Azuréen, aujourd’hui installé à Perpignan.

Après avoir passé des heures et des heures à élaborer ce projet, puis à le défendre en ligne face à des milliers d’autres, également conçus par des fans de Lego du monde entier, le trentenaire est parti pour une tournée en Chine.

Comme une rock star, dans des magasins bondés, il a dédicacé des pelletées de coffrets de petites briques. Jonathan Brunn nous en dit plus sur cette aventure, qui pourrait bien s’étirer dans le temps : après son premier succès, ce geek des sciences, de la paléontologie à la conquête spatiale, planche actuellement sur une autre idée. Cette fois, il a décidé de s’inspirer de l’univers de Jules Verne.

Comment êtes-vous devenu amoureux des Lego ?

Comme beaucoup de gens, j’ai commencé quand j’étais petit. Je suis le petit dernier de la famille, j’ai quatre sœurs et un frère. C’est lui qui m’a passé ses Lego. C’était une énorme boîte, avec des pièces en vrac. Entre 10 et 25 ans, je n’y jouais plus du tout. Puis j’y suis revenu, comme beaucoup de membres de la communauté des Afol [Adults fans of Lego, ndlr].

Certains ont tendance à critiquer les « grands » qui se piquent de loisirs enfantins...
Oui, et c’est quelque chose que je ne comprendrai jamais. J’aurai toujours une âme d’enfant. Cela ne m’empêche pas d’avoir un emploi, des responsabilités et d’autres occupations plus « classiques » à côté de ça. En me replongeant dans les Lego, je me suis aussi rendu compte que les sets [les boîtes] avaient beaucoup évolué. La marque a clairement décidé de se tourner aussi vers les adultes, depuis quelques années. C’est un hobby très créatif, qui muscle le cerveau quand on essaie d’imaginer des techniques
de construction.

De votre côté, en 2015, vous avez décidé de proposer une création sur la plateforme Lego Ideas. Pourquoi des dinosaures ?
Parce que je les adore depuis que je suis tout petit, je suis de la génération Jurassic Park. J’aime surtout l’apparence des fossiles, que l’on peut observer dans les musées d’histoire naturelle. Mais aussi l’aspect qu’ils ont quand ils sont reproduits sous forme de jouets en bois. Pour mon projet, je voulais mettre en avant l’aspect biologique, sous une forme épurée.

Comment votre projet est sorti du lot ?
La première étape consistait à recueillir 10 000 votes sur la plateforme. Ensuite, il faut que l’idée soit retenue par Lego. Pour ça, il faut qu’elle soit crédible, que les éléments soient beaux. Et surtout que la construction soit réalisable ! Certains présentent des projets directement préparés avec des briques. D’autres, comme moi, les dessinent
à l’aide de logiciels. J’y ai passé beaucoup d’heures, sur mon temps libre. Entre la première version que j’ai présentée et les dernières évolutions, il s’est écoulé plus de deux ans et demi. Puis il a fallu attendre le retour de l’équipe marketing de Lego,
qui sélectionne les créations qu’elle préfère.

Les squelettes du tyrannosaure, du tricératops et du ptéranodon que vous avez imaginés sont-ils exactement les mêmes que ceux qui sont désormais sur le marché ?
Honnêtement, il y a quand même une certaine différence. Parce que les designers de Lego ont retravaillé certaines parties, pour les rendre moins fragiles et améliorer la jouabilité, par exemple. Ils les ont rendus plus « cartoon ». Au départ, j’avais proposé cinq dinosaures. Mais ceux qui ont été gardés me conviennent. Il y a un carnivore, un herbivore et un volant.

N’était-ce tout de même pas frustrant de constater ces différences ?
Dans les termes du concours Lego Ideas, on est très clairement prévenus de tout ça. Il y a des personnes qui m’ont soutenu au départ qui ont été un peu déçues du produit final. Mais sincèrement, moi, j’en suis très heureux. C’est une collaboration. De mon côté, j’ai vite été rassuré, parce que Lego a demandé à un de ses anciens designers de suivre la fabrication. Il se trouve qu’il a aussi une formation de paléontologue. On a souvent échangé, par Skype.

Votre set est commercialisé partout à l’international. Savez-vous combien d’exemplaires ont été produits ?
Non, parce que la marque a un certain culte du secret. De toute façon, j’ai signé un contrat, avec une clause de confidentialité et je ne peux pas dévoiler grand-chose sur ces questions. J’ai juste le droit de dire qu’un fan designer perçoit 1 % du prix de vente d’un set.

Qu’avez-vous ressenti la première fois que vous avez eu « votre » boîte entre les mains ?
C’était énorme, c’était mon rêve ! Je n’ai pas d’enfants, mais j’ai douze neveux et nièces. Chacun a eu droit à son set. Sur l’emballage, il est indiqué qu’il est destiné aux plus de seize ans. Mais les gamins de mon entourage ont réussi à tout monter, sans problème.

Malgré l’émergence des nouvelles technologies, ces jeux de construction
restent toujours aussi populaires ?
Oui, depuis que je me rends dans des magasins, comme pendant une tournée de quinze jours dans les plus grandes villes chinoises, ou bien dans des salons dédiés aux jeux, je peux constater en direct que la passion est toujours aussi forte. Depuis son lancement, la gamme Lego Ideas séduit beaucoup d’acheteurs. Et à mon avis, elle va prendre encore plus d’ampleur dans les années à venir.

Combien de fans designers sont choisis chaque année ?
Deux ou trois, à travers le monde. C’est très peu, car des centaines de projets sont postés sur Internet chaque jour. Pour 2019, nous étions trois, tous Français. Aymeric Fievet s’est inspiré de la série Friends. Son set (nommé Central Perk) se vend apparemment très bien. Et Kevin Feeser a conçu La Cabane dans l’arbre. C’est sympa d’être du même pays, on peut se retrouver sur des événements.

Cette aventure pourrait-elle vous donner envie de devenir designer pro, chez Lego ?
Je ne pense pas. Là, je m’éclate, je fais ce que je veux, c’est une passion. J’ai un peu de mal avec la pression, je crois que ça nuirait à ma créativité. Et puis, pour bosser pour Lego, il faut impérativement habiter au Danemark, où se trouve le siège (à Billund, au centre du pays). Comme il est possible de participer plusieurs fois sur la plateforme Lego Ideas, je suis en train de travailler sur un projet, autour du Nautilus, à l’occasion du 150e anniversaire de Vingt mille lieues sous les mers [célébré cette année], (en image ci-dessous). J’aimerais beaucoup qu’il puisse voir le jour.

Pour voter pour le nouveau projet de Jonathan Brunn (surnommé Mukkinn sur la plateforme Lego Ideas), entrez l’adresse Web suivante : ideas.lego.com/projects/28fc7c6c-0d93-491b-9594-4bd4384c04a8 et cliquez sur « Support ».


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